*Read the co-chairs’ statement on RightsCon and World Press Freedom Day here.
En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, nous, membres soussignés de la Coalition pour la liberté des médias, reconnaissons le rôle essentiel, mais de plus en plus périlleux, que jouent les journalistes et les professionnels des médias dans les situations de conflit, ainsi que le lien crucial qui existe entre la liberté des médias et la sécurité tant mondiale que nationale. Le thème de la Journée mondiale de la liberté de la presse de cette année est « Façonner un avenir en paix ». À une période où la paix internationale semble plus éloignée qu’elle ne l’a été depuis longtemps, des médias libres, indépendants et pluralistes peuvent apporter une contribution importante à la fois à l’instauration et au maintien de la paix.
En période de conflit, la couverture médiatique indépendante aide à fournir des informations précises et opportunes qui sont indispensables aux communautés touchées. Une couverture factuelle et rapide peut sauver des vies et préserver des moyens de subsistance. Le journalisme d’intérêt public peut renforcer l’intégrité de l’information et servir de rempart contre la désinformation et la propagande, deux phénomènes susceptibles de s’intensifier à mesure que la situation sécuritaire se détériore. Des médias libres peuvent constituer un mécanisme d’alerte précoce pour identifier et dénoncer d’éventuels crimes de guerre. Ils peuvent également jouer un rôle en encourageant le dialogue pendant les conflits, en favorisant la compréhension mutuelle et en faisant entendre la voix de ceux qui sont souvent marginalisés dans les processus de médiation et de paix.
En temps de conflit, les journalistes risquent leur vie pour informer leurs concitoyens et le monde entier de ce qui se passe. Le danger auquel ils sont confrontés ne cesse de croître. Selon le Comité pour la protection des journalistes (CPJ), 129 journalistes et professionnels des médias ont été tués en 2025, ce qui en fait l’année la plus meurtrière depuis que le CPJ a commencé à recueillir ces données il y a plus de 30 ans. Les reporters couvrant les conflits bénéficient d’une protection en vertu du droit international humanitaire, reconnue par la résolution 2222 (2015) du Conseil de sécurité de l’ONU; pourtant, dans la réalité, là où une veste arborant le mot « PRESSE » offrait autrefois une protection, elle est désormais souvent considérée comme une cible.
Les journalistes doivent non seulement faire face à un danger physique accru, mais ils sont également confrontés à une recrudescence des abus en ligne — en particulier les femmes —, tandis que les organes de presse doivent composer avec une censure étatique croissante, des pressions financières en hausse, une augmentation considérable de la désinformation qui sape la confiance du public, et les défis posés par les nouvelles technologies, notamment l’intelligence artificielle.
En réalité, la liberté de la presse dans le monde fait l’objet des attaques les plus soutenues depuis des décennies, alors même qu’elle revêt une importance grandissante pour notre sécurité et notre prospérité communes.
Ainsi, dans le contexte des nombreux conflits qui secouent le monde aujourd’hui, nous appelons les États à soutenir des médias libres et indépendants afin de contribuer à « façonner un avenir en paix ». Nous appelons également les États à protéger ceux qui couvrent les conflits, et à agir pour mettre fin à l’impunité pour les crimes commis contre les journalistes.
Signé:
Allemagne
Australie
Autriche
Belgique
Belize
Botswana
Bulgarie
Canada
Chili
Costa Rica
Croatie
Chypre
Danemark
Espagne
Estonie
Finlande
France
Germany
Ghana
Grèce
Guyane
Honduras
Irlande
Islande
Italie
Japon
Kosovo
Lettonie
Liban
Lituanie
Luxembourg
Macédoine du Nord
Maldives
Monténégro
Norvège
Nouvelle-Zélande
Pays-Bas
Portugal
République de Corée
République tchèque
Royaume-Uni
Serbie
Seychelles
Sierra Leone
Slovaquie
Slovénie
Suède
Suisse
Ukraine
Uruguay


