Alors que nous célébrons la Journée internationale des femmes de 2026, les membres soussignés de la Coalition pour la liberté des médias attirent l’attention sur les menaces croissantes qui pèsent sur la sécurité des journalistes, les femmes journalistes étant particulièrement visées. Selon un récent rapport de l’UNESCO sur les tendances mondiales en matière de liberté d’expression et de développement des médias, la tendance croissante à la violence contre les femmes journalistes se poursuit tant en ligne que hors ligne. De plus, les auteurs de ces actes cherchent à pousser ces femmes à l’isolement et à leur refuser leur droit légitime de participer à la sphère publique. Une attention particulière doit être accordée à toutes les femmes journalistes qui sont confrontées à des formes multiples et croisées de discrimination ou à un risque accru de harcèlement et de ciblage, par exemple en raison d’un handicap, de leur appartenance à une minorité, de leur orientation sexuelle, de leur identité de genre ou de leur intérêt pour des questions politiquement sensibles.
L’utilisation généralisée des médias sociaux et de l’intelligence artificielle a accru la violence fondée sur le genre et facilitée par la technologie. La sphère numérique est devenue un terrain propice à la violence à l’égard des femmes journalistes, et le harcèlement en ligne s’avère la forme la plus répandue. Selon une étude d’ONU Femmes (en anglais) réalisée en 2025, 75 % des femmes journalistes ont été victimes de violence fondée sur le genre et facilitée par la technologie. De plus, la désinformation fondée sur le genre et la violence en ligne dégénèrent trop souvent en menaces physiques, comme des filatures, des alertes mal intentionnées, du harcèlement verbal ou des agressions physiques. L’étude d’ONU Femmes a révélé que la proportion de femmes journalistes associant les agressions hors ligne à la violence en ligne a plus que doublé depuis 2020.
Cette menace de violence renforce les obstacles qui empêchent les femmes de s’engager dans des pratiques journalistiques, ce qui limite la diversité des contenus journalistiques et donc la pluralité de l’information. Cela rend également le journalisme moins égalitaire pour les femmes que pour les hommes. En outre, la Coalition pour la liberté des médias attire l’attention sur les situations de conflit où les femmes journalistes sont confrontées à des risques accrus pour leur sécurité lorsqu’elles effectuent des reportages sur le terrain. Il s’agit notamment d’attaques militaires, de menaces d’intimidation policière, de surveillance et de violence fondée sur le genre.
Le thème de la Journée internationale des femmes de 2026, « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles. », souligne la nécessité de garantir la responsabilité pour toutes les formes de harcèlement et de violence à l’égard des femmes journalistes. Il est essentiel d’assurer et de renforcer l’accès à la justice pour les femmes et les filles dans toute leur diversité, en particulier pour les femmes journalistes, notamment en promouvant des systèmes juridiques inclusifs, accessibles et équitables, en éliminant les lois, les politiques et les pratiques discriminatoires et en s’attaquant aux obstacles structurels.
La Coalition pour la liberté des médias poursuivra ses efforts pour défendre la sécurité des journalistes et demandera à tous les acteurs de s’engager à protéger toutes les femmes journalistes et toutes les femmes travaillant dans les médias, tant hors ligne qu’en ligne.
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