À l’occasion de la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes commis contre des journalistes, la Coalition pour la liberté des médias attire l’attention sur les menaces croissantes auxquelles sont confrontés les journalistes et autres membres des médias, en particulier les femmes journalistes, en raison de la violence fondée sur le genre facilitée par la technologie et l’intelligence artificielle.
Les journalistes et autres membres des médias sont exposés à un niveau sans précédent de harcèlement, de représailles, d’attaques et de violences, qui entraînent des conséquences profondes sur la liberté de la presse et constituent une violation de leurs droits de la personne.
Les femmes journalistes et les professionnelles des médias sont confrontées à des risques particuliers liés à leur travail, tant dans les situations de paix que dans les situations de conflit armé. L’intelligence artificielle et les menaces numériques, notamment l’hypertrucage, la diffusion non consensuelle d’images intimes en ligne, les campagnes automatisées de harcèlement sexuel, l’incitation à la haine contre les femmes journalistes et les campagnes de dénigrement qui discréditent leur travail, amplifient les formes d’intimidation à l’encontre des journalistes. La violence fondée sur le genre facilitée par la technologie produit un effet paralysant, obligeant les femmes journalistes à se censurer, à abandonner certains sujets ou à quitter la profession. Les préjudices en ligne peuvent se transformer en violence hors ligne, ce qui compromet davantage la sécurité des journalistes.
Ces attaques constituent non seulement une atteinte à la sécurité des journalistes et autres membres des médias, mais également une attaque directe aux droits à la liberté d’opinion et à la liberté d’expression, qui comprennent le droit de chercher, de recevoir et de répandre les informations. L’impunité qui entoure ces attaques reste préoccupante, les auteurs étant rarement tenus responsables et les plateformes en ligne ne prenant souvent pas les mesures adéquates pour remédier à ces violations. Nous devons agir pour veiller à ce que ces progrès technologiques, qui peuvent être des outils utiles, ne deviennent pas des instruments permettant de museler certaines voix et de restreindre la liberté de la presse.
Nous réaffirmons notre engagement à œuvrer pour mettre fin à l’impunité des crimes commis contre les journalistes et nous exhortons la communauté internationale :
- Premièrement, à empêcher ces attaques en soutenant la création de cadres permettant de lutter contre la violence à l’encontre des journalistes, notamment des femmes journalistes qui couvrent la violence sexuelle dans les situations de conflit, facilitée par l’intelligence artificielle et la technologie;
- Deuxièmement, à lutter contre l’impunité en enquêtant sur les attaques commises hors ligne et en ligne contre l’ensemble des journalistes et autres membres des médias et en demandant des comptes aux auteurs de ces attaques, et à soutenir les journalistes concernés, notamment par l’intermédiaire d’une assistance juridique adaptée au genre, de formations à la sécurité numérique et de services de santé mentale;
- Troisièmement, à mettre en place des obligations exigeant des plateformes qu’elles déterminent, analysent et évaluent les risques systémiques liés à leurs services, y compris les risques liés à la liberté de la presse, à la mésinformation, à la désinformation et à la violence fondée sur le genre, et qu’elles luttent contre l’utilisation abusive de leurs outils à l’encontre des journalistes, notamment par une modération rigoureuse et adéquate des contenus et par le retrait rapide des contenus illégaux.
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