Déclaration de la Coalition pour la liberté des médias à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse 2024

 

La declaración también está disponible en español.

En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, nous, soussignés, membres de la Coalition pour la liberté des médias, reconnaissons le rôle vital et irremplaçable que jouent les journalistes et les professionnels des médias pour fournir des informations exactes sur les grands enjeux et défis auxquels font face les communautés, les sociétés et l’humanité.

Cette année, la Journée mondiale de la liberté de la presse a pour thème « La presse au service de la planète : le journalisme face à la crise environnementale », et à la lumière des graves menaces qui planent sur l’environnement aujourd’hui, il est manifeste que le journalisme n’a jamais été aussi important. Pour que nous puissions, partout dans le monde, intervenir efficacement contre les changements climatiques et les crises environnementales qui en découlent, sans laisser personne de côté, nous avons besoin de journalistes indépendants pouvant expliquer la situation, mettre en évidence et examiner à la loupe les solutions possibles, fournir des informations factuelles face à la désinformation et à la désinformation sur le climat et permettre aux personnes les plus touchées par ces crises de se faire entendre.

C’est dans ce contexte que nous rendons un hommage particulier aux journalistes qui, partout sur la planète, font des reportages et des enquêtes sur les questions environnementales, parfois au péril de leur sécurité ou de leur vie.

Cependant, les menaces pour la sécurité des journalistes, qu’elles soient de nature physique, juridique, numérique ou psychosociale, ne surviennent pas seulement lorsqu’ils couvrent des crises environnementales. Les journalistes d’aujourd’hui, dans toute leur diversité, font face à un éventail sans précédent de menaces et de contraintes qui limitent leur capacité à faire leur travail sans crainte ni partialité.

Des lois peuvent notamment être utilisées à mauvais escient pour cibler les journalistes, par exemple des lois conçues pour rendre plus difficile – voire impossible – le journalisme indépendant, comme des lois d’une portée inutilement élargie sur les « fausses nouvelles » ou qui imposent des restrictions administratives ou financières aux organes de presse. Nous appelons tous les États à rendre leurs lois, politiques et pratiques pleinement conformes à leurs obligations et engagements découlant du droit international en matière de droits de la personne.

De plus, ces menaces comprennent de nombreuses formes de violence, allant jusqu’à l’assassinat de journalistes, qui continuent de se produire à la fois à l’intérieur et à l’extérieur de zones de conflits, en toute impunité ou presque. Dans les situations de conflit armé, les journalistes et les professionnels des médias peuvent jouer un rôle important dans la protection des civils et la prévention des conflits, mais leur travail les expose à des risques d’intimidation, de harcèlement et de violence. En tant que membres de la Coalition, nous demeurons profondément préoccupés par les attaques et les actes de violence dont sont victimes les journalistes dans les situations de conflit. Les journalistes sont des civils et bénéficient à ce titre d’une protection en droit international humanitaire et ne doivent pas être pris pour cibles. Des enquêtes indépendantes et efficaces doivent être menées sur les attaques contre les journalistes et les professionnels des médias afin de traduire en justice les auteurs de ces crimes.

Parmi les menaces qui pèsent sur les professionnels des médias, citons également les graves problèmes économiques dans le secteur des médias et la difficulté de mettre en place des modèles d’affaires pouvant garantir à la fois la qualité et l’indépendance de l’information. S’y ajoute la multitude de menaces dans le cyberespace, allant du harcèlement en ligne, de la mésinformation et de la désinformation jusqu’au blocage de l’Internet, en passant par l’utilisation abusive très préoccupante de technologies de surveillance, comme les logiciels installés de façon clandestine dans le but de recueillir des renseignements à des fins commerciales – parfois appelés logiciels espions –, pour contrôler les activités des journalistes.

Nous notons que des progrès technologiques récents, comme l’IA générative, ouvrent des possibilités à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du secteur des médias; cependant, l’utilisation de cette technologie dans l’intention de manipuler la sphère de l’information peut également menacer l’accès des citoyens à des informations fiables.

Les femmes, qui sont touchées de manière disproportionnée par la crise climatique, sont aux prises avec des difficultés et des menaces particulières lorsqu’elles travaillent dans le secteur des médias, notamment le harcèlement sexiste en ligne, la désinformation sexiste et le manque d’accès à des postes de direction dans de nombreuses organisations des médias de par le monde. Pourtant, nous savons que leur travail journalistique est essentiel pour éclairer les différents enjeux auxquels font face les sociétés aujourd’hui.

En plus de l’importance du journalisme dans la lutte contre les changements climatiques et les crises environnementales, la Coalition souhaite également attirer l’attention sur les multiples situations de conflit ou de crise prolongées dans le monde, que l’on appelle les « crises oubliées ». Les risques sont énormes pour les journalistes qui vivent et travaillent dans ces endroits. Toutefois, il existe aussi un risque que, sans la présence de journalistes capables de rendre compte de ces crises et sans l’attention internationale qui en découle, celles-ci persistent et risquent de se détériorer davantage.

La liberté des médias et le droit à la liberté d’expression sont des piliers essentiels d’une société démocratique et l’une des conditions indispensables du progrès et du développement. Face à des défis planétaires sans précédent, nous devons plus que jamais protéger et défendre la liberté des médias.

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